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À l’atelier d’Aiguillon : tester, nettoyer et conserver cartouches et CD d’import

Piles de sauvegarde, plastiques jaunis, disques fragiles : nos méthodes de contrôle et quelques principes de conservation à appliquer chez vous.

À l’atelier d’Aiguillon : tester, nettoyer et conserver cartouches et CD d’import

Chaque jeu qui rejoint notre catalogue passe par l’atelier d’Aiguillon avant d’être mis en vente. Ce passage n’a rien d’une formalité : il s’agit de vérifier le fonctionnement, de stabiliser l’état de l’objet et de décrire honnêtement ce que nous avons observé. Nous partageons ici nos méthodes, qui peuvent aussi guider votre propre conservation à domicile.

Le test commence toujours sur du matériel d’origine. Une cartouche Super Famicom est essayée sur une Super Famicom japonaise alimentée par un transformateur 230 V vers 100 V, un CD Saturn sur une Saturn japonaise. Nous vérifions le démarrage, l’affichage, le son et, lorsque le jeu le permet, la sauvegarde. Ce dernier point est essentiel : de nombreuses cartouches des années quatre-vingt-dix conservent les parties grâce à une petite pile bouton, le plus souvent une CR2032, soudée sur le circuit. Après trente ans, beaucoup de ces piles arrivent en fin de vie.

Lorsque la pile ne maintient plus la sauvegarde, nous la remplaçons par une pile neuve, soudée ou montée sur un support, et nous l’indiquons dans la fiche du produit. Nous évitons en revanche toute intervention qui ne serait pas nécessaire. Les contacts des cartouches sont nettoyés à l’alcool isopropylique avec un coton non pelucheux ; l’usage d’abrasifs, même légers, est proscrit, car il use la fine couche métallique des connecteurs.

Le jaunissement des plastiques est une question que l’on nous pose souvent. Il résulte d’une réaction chimique des retardateurs de flamme bromés présents dans certains plastiques de l’époque, accélérée par la lumière et la chaleur. Des méthodes de blanchiment à base de peroxyde d’hydrogène existent, mais elles peuvent fragiliser le plastique et leur résultat n’est pas toujours durable. Nous préférons présenter les objets tels qu’ils sont, en décrivant leur teinte, plutôt que de modifier leur aspect d’origine.

Les CD demandent d’autres précautions. Nous les examinons en lumière rasante pour repérer rayures et points d’oxydation, puis nous les nettoyons à l’eau déminéralisée, du centre vers le bord, jamais par mouvements circulaires. Un disque original n’est jamais resurfacé chez nous : le polissage retire de la matière et altère l’objet. Les boîtiers fêlés ne sont remplacés qu’à votre demande, afin de préserver le boîtier d’origine avec ses éventuelles marques d’époque.

Pour la conservation à domicile, quelques principes suffisent. Rangez vos jeux à l’abri de la lumière directe, dans une pièce tempérée et sèche, loin des radiateurs et des murs humides. Glissez les obis et les spine cards dans des pochettes sans acide, conservez les manuels à plat et évitez les élastiques, qui marquent le carton et laissent des résidus. Allumez de temps à autre vos consoles : un appareil qui fonctionne régulièrement vieillit souvent mieux qu’un appareil oublié au fond d’un placard.

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